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lundi 8 février 2016

If you go home with somebody and they don't have books...


Tout est parti de cette phrase, lue dans une BD qui a l'air sublime - je m'étonne de ne pas l'avoir encore achetée - dans une petite salle de cinéma en plein cœur de Paris, avec une fille incroyablement chouette qu'on ne présente plus, pour aller voir un joli film au charme désuet et à la musique moderne.

Elle me tend le livre qu'elle a emprunté à la bibliothèque - les privilèges du métier ^^ - elle sait qu'il va me plaire puisqu'elle a appris récemment mon amour pour Étienne Daho. Je le feuillette, puis je tombe sur cette citation de John Waters sur la première page, qui me fait sourire : If you go home with somebody and they don't have books, don't fuck 'em.

Deux jours plus tard, je repense à cette phrase, je regarde le mur en face de moi, tapissé de livres, notre bibliothèque qui en déborde, et je dis à M. combien je trouve cela étrange de ne pas avoir de livres chez soi. Je repense à ma cousine chez qui nous sommes allés le samedi précédent et où, il me semble, il n'y avait pas de livres en évidence. Pour moi, une maison sans livres serait-elle une maison sans âme ? Pas loin... Les livres ont un côté rassurant, ils me font me sentir chez moi, ce sont des amis, de longue date pour certains. Ils me rappellent des instants de vie, des personnes chères (ceux qui me les ont offerts), des découvertes importantes. Chez les autres, j'aime parcourir des yeux la bibliothèque, voir si j'y découvre des points communs avec la mienne, si elle me donnera envie de lire un ouvrage, s'ils sont rangés par ordre alphabétique, par genre, par couleur. J'aime me dire qu'en découvrant la bibliothèque de quelqu'un, j'en apprends plus sur lui et que s'il la met en évidence, c'est qu'il n'a pas peur de montrer qui il est. Une bibliothèque, c'est un peu un reflet de soi. Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es, non ?

Alors, si la bibliothèque est un reflet de soi, la mienne est un joyeux bazar où se croise romans en tout genre, en anglais, en français et un peu en espagnol (même si c'est difficile encore...), BD et romans graphiques, guides de voyage, livres de cuisine, beaux livres sur le cinéma, l'art, l'architecture, mangas, livres pour enfants, dictionnaires, et puis les vinyles sont là aussi parce qu'on ne savait pas où les ranger. Ma bibliothèque est un peu comme moi : curieuse, cinéphile, éclectique, enfantine, polyglotte, bordélique (donc), et elle n'a pas d'a priori, elle accepte tous les genres, tous les formats, toutes les couleurs.

Et chez vous, elle est comment ? Et vous lisez quoi en ce moment ?

samedi 10 septembre 2011

Shä, Salomé et la librairie du grand chat gris

Parfois, quand je rentre à l'appartement, j'aime faire un détour et passer devant la librairie du grand chat gris. Je guette dans l'espoir de l'apercevoir. Entre les scooters en face de la librairie, entreverrais-je un petit bout de queue ? Sous la pancarte du magasin, verrais-je ses jolies pattes grises dépasser ? Ou s'il y a un rayon de soleil, pourrais-je l'admirer faisant bronzette dans la vitrine ? Je le trouve tellement joli que c'est lui qui m'a fait passer la porte de cette librairie pour la première fois. Et qu'elle ne fut pas ma surprise de le voir étaler de tout son long sur le présentoir de livres du rayon jeunesse ! Depuis, je reviens régulièrement acheter des livres, même quand le grand chat gris n'est pas là. Parce que j'aime l'atmosphère qui s'y dégage, la gentillesse et la disponibilité des vendeuses, et parce que dans la mesure du possible, je préfère donner aux petits commerces de quartier plutôt qu'à la Fnac (ma maman a travaillé plusieurs années dans une librairie qui a fermé peu de temps après que la Fnac n'arrive à Nantes...).

Samedi, après une petite balade sous un soleil de plomb (vivement l'automne, et l'hiver !), je demande à M. - dont les pieds souffrent de méchantes ampoules - si ça ne le gêne pas de passer faire un petit tour à la librairie. Dans une caisse, sous un présentoir de livres près de l'entrée, le grand chat gris fait la sieste. Je n'ose pas le caresser et je me dirige vers le rayon BD dans l'espoir de trouver ce que je cherche : ils ont Shä et Salomé, trop bien ! Je vérifie l'état de la couverture (c'est une de mes (nombreuses) petites manies), je feuillette quelques pages et je me dirige vers la caisse, le livre serré contre ma poitrine. Après avoir payé, avant de quitter la librairie, je ne peux m'empêcher de me baisser et de caresser le grand chat gris dans sa caisse. Même si je retrouve Mako dans deux minutes, quand je vois un chat, je ne peux résister.

À peine rentrée, je m'installe confortablement sur le canapé et je dévore Shä et Salomé. À la simple lecture du "je dédie ce livre" de Anne Montel, j'ai su que j'allais aimer :) Je souris (et ris) beaucoup, je m'étonne (je ne pensais pas apprendre les origines de Street Fighter !) et surtout, j'admire. Les aquarelles, le trait fin et délicat, les splendides couleurs d'automne, les arc-en ciel et les rêves coloriés comme des dessins d'enfants. J'aime les bons petits plats, le côté geek, les bottines et le dénie de rousse de Salomé ; les tests féminins, l'obsession des poneys, le chapeau et les comptines improbables de Shä... En fait, j'aime tout, à tel point que j'ai envie de le relire tout de suite et que je rêve de me mettre à l'aquarelle pour remplir ma vie de ses jolies couleurs.

Si vous ne connaissez ni Anne Montel, ni Loïc Clément (son scénariste, tout aussi talentueux) foncez découvrir son blog et le leur. Et si vous êtes charmé (mais comment ne pas l'être !), je vous conseille vivement de vous offrir Shä et Salomé.

jeudi 31 mars 2011

C'est de la faute à mon père (et à Pénélope)

Quand j'étais petite, j'étais émerveillée par la collection de bandes dessinées de mon père. Pour moi, c'était un véritable trésor. Je pouvais passer des heures assise à côté, une BD sur les genoux. J'en choisissais une un peu au hasard, en fonction de la couverture et du titre. Il y avait aussi quelques tomes fétiches : je ne saurais l'expliquer, mais j'ai lu Les trois vieillards du pays d'Aran une bonne vingtaine de fois. Parfois aussi, je tombais sur des tomes un peu osés... J'ai commencé à demander des bandes dessinées pour Noël ou mon anniversaire : les toutes premières, c'étaient les aventures du Marsupilami. Je rêvais de dormir dans son nid rempli de plumes, perché tout en haut des arbres. Plus tard, il y a eu ces étés dans le sud de la France et la chambre de N. rempli de Léonard, de Schtroumpfs et de comics (des X-Men surtout). Je m'ouvrais à un autre genre de bandes dessinées, toujours avec autant de plaisir. Encore un peu plus tard, il y a eu les mangas...

On dit souvent que les gens qui sont bandes dessinées ne sont pas romans, et vice-versa, mais malheureusement, la règle ne s'applique pas à moi. Après avoir dévoré les BD de mon père, je me suis à dévorer les romans de ma mère (qui a une bibliothèque de taille équivalente). Là aussi, un peu au hasard, en fonction du titre, du résumé. Mon amour pour les romans n'a pas plus diminué que celui pour les bandes dessinées, et ça, c'est problématique, autant pour mon porte-monnaie que pour notre appartement qui va bientôt être envahi...

Pour ne rien arranger à l'affaire, j'ai découvert il y a peu Les chroniques BD de Pénélope Bagieu. Et là, je défie n'importe quel amoureux de bandes dessinées de regarder ses chroniques et de ne pas avoir envie de tout acheter. Autant vous dire que 3 jours après avoir absorbé toutes les vidéos, je me retrouvais à la Fnac, à parcourir le rayon BD de fond en comble, mes bras de plus en plus remplis et mon cœur balançant entre plusieurs tomes. "Je prends celui-ci. Non, plutôt celui-là et l'autre. Je vais voir s'il n'y a pas cet autre-là en rayon." Et comme le prix monte très vite, il vaut mieux faire un choix. Voilà donc mon butin (non, je n'ai pas choisi en fonction des couleurs, mais tout ça est très jaune-orange).


Je ne fais pas vous faire de critique, Pénélope fait ça bien mieux que moi ! J'ai aimé les trois, pour différentes raisons. Riad Sattouf, j'accroche bien depuis un moment, et ce tome-là m'a franchement fait exploser de rire (M. aussi). J'ai beaucoup aimé le style subjectif de Dans mes yeux, ses dessins au crayon de couleur et la simplicité de son histoire qui parle forcément à tout le monde. Ça m'a donné envie de lire les autres BD de Bastien Vivès. Quand à Cinq mille kilomètres par seconde, les aquarelles sont tout simplement sublimes, chacune est une œuvre à part entière. Et l'histoire est aussi très belle et touchante.

Voilà, craquez vous aussi, comme ça je ne serai pas la seule à être influençable !

jeudi 3 mars 2011

Du bruit dans la cuisine...


Récemment, j'ai lu Julie & Julia et je me suis forcément un peu reconnue dans Julie Powell. Surtout dans ses pétages de plomb dans la cuisine, j'avoue. Et aussi dans la façon dont ses crises culinaires pouvaient mener à des disputes... Je crois que je devrais créer une pancarte : "ne pas rentrer, je cuisine". Peut-être parce que je suis légèrement maladroite, que je n'ai pas de vrai plan de travail, que j'entreprends des recettes trop compliquées, que je suis maladroite (ah bon, je l'ai déjà dit ?), il m'arrive parfois (je ne dis pas "souvent" car c'est moins qu'avant, je m'améliore) de faire tomber des choses, de m'énerver, de râler toute seule, et si M. est dans le coin et qu'il essaye de me rassurer, je m'énerve contre lui car je suis dans ma période : "je suis nulle, tout ce que tu peux dire n'y changera rien, je ne suis pas fichue de réussir une chantilly, de faire une pâte feuilletée, etc.".

Samedi dernier, j'ai passé presque toute la journée à préparer des tartelettes à la lemon curd pour un dîner entre amis à la maison. Au départ, il devait s'agir de sablés à la lemon curd (ceux de Mademoiselle K.), mais la recette m'a semblé trop élaborée, j'ai eu peur de rater mon coup, donc j'ai simplifié. Vendredi en fin d'après-midi, j'ai préparé ma lemon curd : même si je n'arrive jamais à ne pas avoir de grumeaux (saletés d'œufs, si vous avez une solution...), j'ai rempli un pot de confiture d'une lemon curd bien jaune et d'une belle texture (youpi !). Au frigo, on n'en parle plus, passons à la suite.

Samedi, je me lance dans la pâte sablée. Heureusement que je peux toujours compter sur les recettes de Mingou, donc pas de problème à ce niveau-là. Je n'ai que quatre petits moules, donc je dois faire deux fournées. Et bien sûr, quand je sors la deuxième fournée, un des moules tombe côté pâte, donc je dois en refaire un* (ouf, il reste de la pâte !) et le remettre à cuire... Et puis, au moment de mettre la lemon curd dans la première fournée de moules refroidis, catastrophe, tout le pot y passe... Mais avec quoi vais-je remplir mes quatre autres moules ? Je sors faire des courses (plus de citron, ni d'œufs), et me voilà repartie pour un autre pot de lemon curd (toujours grumeleuse avant passage au chinois) que je mets à refroidir près de la fenêtre grande ouverte, parce qu'il est déjà 18h et que les invités seront bientôt là...

Bon, tout est bien qui finit bien, les tartelettes ont été terminées à temps, la deuxième fournée de lemond curd a eu le temps de refroidir et de s'épaissir avant dégustation, et les invités (tout comme moi, je suis ravie de cette recette) ont beaucoup aimé. Et comme je suis un peu maso, ça ne me dérangerait absolument pas de tout recommencer et de refaire les mêmes bêtises rien que pour voir leur mine contentée une fois leur tartelette finie.



* M. a suggéré que je passe un bon coup de torchon dessus, et hop, on n'y verra que du feu, mais vu l'état détestable de mon four, et ma nature perfectionniste, hors de question que je serve ça...

PS : Ai-je oublié de préciser qu'en plus de tout ça, Mako rôde dans la cuisine, monte sur le frigo, sur la cuisinière, essaye de lécher le beurre, et ne comprend absolument pas qu'il me gêne plus qu'il ne m'aide ?

vendredi 18 juin 2010

C'est bon de rire, ah ah ah ah*

Si, comme moi, vous ne savez pas ou n'osez jamais râler. Si votre facteur renvoie vos colis (pourtant envoyés à la bonne adresse) à l'expéditeur et que vous n'osez pas engueuler la guichetière à la poste (ce n'est pas sa faute à elle). Si les mamies vous poussent dans le métro, mais que vous les maudissez intérieurement au lieu de leur balancer : "te gêne pas, vieille morue !" (mais non, elles sont trop âgées). Si vous prêtez gentiment votre portable à une jeune fille qui doit absolument téléphoner, pour vous rendre compte deux minutes après qu'elle raconte les derniers ragots à sa pote, et que votre sœur doit s'en mêler pour que vous récupériez votre bien. En gros, si vous êtes trop gentille, une bonne poire, et que vous avez bien du mal à changer ça, le livre qui suit est pour vous (et pour moi donc). Râler par procuration, ça peut être très sympa aussi.

Bien sûr, ce livre n'est pas réservé qu'aux râleurs complexés, mais à tous ceux qui veulent simplement rigoler un bon coup. D'ailleurs, si vous avez aperçu samedi dernier aux alentours de 19h une jeune femme assise sur le quai de la ligne 4, à l'arrêt Strasbourg Saint Denis, en train de se marrer toute seule comme une baleine, c'était moi qui attendait des amis très en retard, et qui avait eu la bonne idée d'emmener de la lecture très (trop ?) divertissante.

Petit extrait d'un mail d'insulte. Cliquez pour voir la photo en plus grand.

Si vous voulez en apprendre plus sur ce livre ou sur John-Harvey Marwanny (ou Jean-Hervé Marouin de son vrai nom), son élégant auteur, c'est par ici. Un de ses nouveaux titres, "Réussir ses courses", m'a l'air très sympathique dans le genre...

* Titre volé honteusement à un de mes films d'enfance préféré (que je regarde toujours avec plaisir).

dimanche 21 février 2010

Breakfast, I love you

Je ne sais pas pour vous, mais le petit-déjeuner est toujours un repas assez triste. Je le prends seule et en général dans le silence car je n'ose pas mettre la radio de peur de réveiller mon amoureux. Et surtout, c'est un repas assez monotone puisqu'il se compose (presque) tous les jours des mêmes aliments. Jus de fruit, cracottes au beurre, café. Je fais parfois des folies en ajoutant du muesli, mais en général, il faut que ce soit quelque chose de rapide, que je n'ai pas trop à réfléchir - et donc à chercher ce que je vais manger - et si possible, déjà prêt. Pourtant, le fait de travailler chez moi devrait me permettre plus de flexibilité, mais je tiens tellement à mes heures de sommeil (déjà courtes) que je me lève le plus tard possible et forcément, le petit-déjeuner passe à la trappe.

Alors forcément, quand je suis tombée sur le blog Simply Breakfast, j'ai été admirative ET envieuse. De cette diversité de petits-déjeuners, de ces magnifiques clichés évidemment, mais surtout de ce courage de ne pas tomber dans une routine si facile à adopter, surtout à ce moment-là de la journée.






En plus de trouver cette idée toute simple finalement très originale, j'aime beaucoup la mise en scène de ces clichés. Ces petits détails - un tissu pour agrémenter cette table en bois, de la jolie vaisselle, des livres ou des magazines, des bibelots - me permettent de rêver à l'intérieur de la maison de la photographe, de l'imaginer en train de lire ou de coudre à table tout en dégustant son petit-déjeuner, et c'est ce petit plus qui rend ces clichés si subtiles, si uniques et si touchants.

Cette jolie découverte m'a aussi donné très envie d'acheter le premier livre de Rachel Khoo (qui m'avait appris à faire des moon cakes à la Cocotte). La couverture est à tomber...


jeudi 18 février 2010

Mon année - un livre posé sur une belle endormie

C'est difficile de choisir un livre. C'est d'ailleurs pour ça que j'essaye toujours d'en avoir d'avance à la maison, histoire de ne pas me retrouver à la dernière minute à me creuser les méninges pour savoir ce que je vais lire ensuite. Chaque rentrée littéraire déborde de nouveaux titres, à tel point que dans cette masse, difficile de faire un choix. À priori, j'enlève déjà tous les romans "à succès" qui me plaisent rarement et aussi tout ce qui ressemble de près ou de loin à un polar, ce n'est pas du tout mon style. Mais bon, il reste encore de quoi faire...

J'ai peu d'amies qui aiment lire autant que moi, ou du moins qui lisent les mêmes choses, alors pour ce qui est des conseils, je m'adresse plutôt à ma maman ou à la maman de mon amoureux. Parfois, je fais des associations sur Amazon, "si vous avez aimé ce livre-ci, vous aimerez peut-être celui-là". J'aime aussi beaucoup la façon dont Patoumi, qui fait bien plus que cuisiner, décrit les livres qu'elle a aimés, elle sait me donner envie (en plus, ces goûts se rapprochent déjà plus des miens).
Le mieux, c'est encore d'aller directement dans une librairie, ce que j'aimerais pouvoir faire plus souvent. Le problème, c'est que j'ai tendance à y rester des heures et à vouloir repartir avec des milliards de bouquins, ce que mon budget ne me permet pas... Je suis très attirée par les couvertures en général et par les titres, mais ça peut-être trompeur parfois. Et je n'arrive pas à me résoudre à aller à la bibliothèque : je l'ai fait plusieurs fois, ailleurs, mais quand j'avais vraiment aimé un livre, j'étais déçue de ne pas l'avoir chez moi après coup...

Pour les BD, c'est un peu plus facile vu qu'on peut aussi être attiré par le style du dessinateur. Il y a quelques mois maintenant, j'ai pris le train pour rentrer à Paris avec une amie (collègue ?) après une semaine de festival. Nous n'avons pas pu nous asseoir l'une près de l'autre vu que j'étais déjà près de mon amoureux, et après avoir discuté un peu de cette semaine au cours de laquelle nous ne nous étions (à regret) que croiser, elle est allée s'installer un peu plus loin. Par timidité, car je la connais finalement assez peu et qu'elle a un je ne sais quoi qui m'épate et m'impressionne, je n'ai pas osé la déranger pendant le voyage.

Et puis, en allant aux toilettes (désolée pour les détails triviaux), je suis passée devant son siège et elle dormait paisiblement, une BD posée contre sa poitrine, la couverture en face de moi. J'ai reconnu les traits de Jiro Taniguchi, que j'aime déjà beaucoup, et j'ai lu un autre nom que je connaissais pas. J'ai trouvé la couverture sublime, les couleurs magnifiques et le sourire paisible qui arborait son visage endormi m'a donné envie de croire que ce livre y était pour quelque chose. Je ne sais toujours pas si elle l'a aimé d'ailleurs....

Quelques jours plus tard, le premier tome de Mon année était en ma possession. Je le lisais religieusement, je dévorais des yeux ses couleurs pastels, ses dessins touchants et délicats, cette histoire vue à travers les yeux d'une petite fille qui ressemble à tout le monde, mais qui est en fait très différente. J'ai été émue par ce premier tome, j'ai trouvé cette histoire pas évidente très bien traitée, les personnages sont justes et surtout humains. Il n'est pas facile d'aborder la trisomie dans une œuvre, mais Jiro Taniguchi et Jean-David Morvan arrivent à nous montrer cette petite fille comme elle est, à nous faire découvrir son monde, sans pour autant négliger l'importance de ses parents et les répercussions de cette maladie sur leur vie à tous les trois.

J'ai hâte de lire la suite, et je suis heureuse d'avoir découvert ce livre. Comme quoi, on peut aussi choisir un livre dans d'étranges circonstances... Et vous, vous lisez quoi ?

jeudi 21 janvier 2010

It rains cats (and dogs)

Petite, je voulais être vétérinaire. Comme beaucoup. J'aimais tous les animaux, à part bien sûr les reptiles et la plupart des insectes (sauf les coccinelles et les fourmis). Et un jour, j'ai découvert qu'être vétérinaire, cela voulait aussi dire parfois tuer des animaux, et même si c'était pour leur bien, l'envie m'a passé d'un coup.

Petite, ceux que j'aimais le plus, au grand dam de ma mère, c'étaient les chiens. Les gros. Je ne me rappelle pas bien : quelques images me restent, ma main caressant et s'enfonçant dans de longs poils, des grosses truffes mouillées qui respiraient fort, la joie de me faire des nouveaux amis... Et puis il reste ce qu'on m'a raconté : l'inquiétude de ma mère après ma disparition sur une plage et la peur en me voyant caresser un chien de deux fois ma taille. Aussi la compréhension de ce qu'avait pu ressentir sa mère quand petite, elle faisait la même chose.
Et puis cette histoire qui me fait toujours sourire et que je ne me lasse pas d'entendre : mes parents et mes grands-parents affolés de ma disparition, en train de mettre la maison et le jardin sans dessus-dessous, pour finalement me retrouver en train de dormir dans le panier avec l'épagneul breton de mon papi (qu'est-ce que je l'ai aimée cette chienne... ça, je m'en souviens.)

Un peu plus grande, j'ai rencontré mon premier chat, ou plutôt celui de ma grand-mère. Je me souviens avoir passé plus de temps avec lui qu'avec n'importe qui d'autre pendant les repas de famille... Comme je me faufilais sous la table pour le caresser, que je le suivais jusqu'à la terrasse, que je le regardais pendant des heures.

Chat errant à Bruxelles

À partir de ce moment-là, c'était trop tard, le chat était devenu mon nouvel et éternel ami et détrônerait à tout jamais le chien dans mon cœur. Son regard fier, son pelage tigré (telle une panthère), ses pattes de velours, sa jolie queue qui se balançait,... Je l'aimais d'amour et je rêvais d'en avoir un à moi. N'importe où, dès l'arrivée d'un chat dans une pièce, mon attention était volée et entièrement dévouée à cette majestueuse créature. Mon admiration était telle que je voulais la partager avec mes camarades et que je leur apprenais tout mon savoir lors d'un exposé très fouillé puisque je connaissais par cœur toutes les races, toutes les représentations, tous les secrets du chat.

Chat dans un sac

Jeune adulte, j'ai rencontré mon amoureux un peu grâce à son chat. Moi qui en avait toujours été privée, je ne pouvais imaginer quel bonheur cela avait dû être de vivre avec deux chats, et ce depuis sa plus tendre enfance. Finalement, je me suis découverte assez timide face à ses chats au départ : je n'étais plus une enfant, je ne pouvais plus marcher à quatre pattes après eux, leur courir après pour les attraper, et j'ai découvert que malgré tout ce que j'avais lu, n'ayant jamais vécu avec un chat, je ne savais pas toujours comment me comporter face à cet animal complexe. J'ai aussi découvert que les "vrais" propriétaires étaient encore plus amoureux de leurs félins que moi.

Chat d'amour sur un lit

À la même époque, j'ai eu mon premier appareil photo et j'ai commencé à prendre des clichés de tout, et surtout de chats. Malgré les remarques de mes amis ou de ma mère, je m'en fichais : "je prends ce que je veux en photo de toute façon !". Ma mère a suggéré à cette époque que je compile toutes ces photos pour en faire un livre, mais j'ai encore des progrès à faire en photographie avant d'avoir une telle prétention. Heureusement, d'autres le font, et très bien.




Ma maman a offert ce joli livre de Kwon Yoonjoo à mon amoureux pour Noël (même pas à moi !). Je l'ai lu, bien évidemment, et entre les superbes clichés et les illustrations et anecdotes rigolotes, c'est un régal pour tous les amoureux des chats. Pour tous les fans de félins, il y a aussi ce très joli livre dont a parlé Nanikaa et bien sûr, Simon's Cat.

Pour finir, un chat de la toile dont je suis tombée amoureuse récemment, pour avoir le cœur brisé deux heures plus tard en me rendant compte qu'il n'était plus.

Baobao, un chat dans toute sa splendeur.

dimanche 17 janvier 2010

Isabelle Giordano et un cake au matcha

J'ai toujours adoré le cinéma. Quand j'étais petite, quand quelqu'un cherchait le nom d'un film, d'un acteur, d'un réalisateur, on se tournait vers moi. J'ai toujours eu une mémoire incroyable pour ça, bien plus que pour certaines matières à l'école... Alors forcément, mon héroïne, c'était Isabelle Giordano. J'aimais sa voix, je la trouvais passionnante, je l'enviais de rencontrer toutes ces stars, de leur poser plein de questions, et puis, évidemment, je rêvais d'être à sa place. Pendant longtemps, Le journal du cinéma a été un rendez-vous à ne pas manquer à la maison, et je râlais dès que le moindre match de foot venait me sucrer mon émission. Et puis Isabelle est partie et d'autres lui ont succédé, mais avec moins de réussite selon moi. Ou peut-être est-ce simplement que je n'avais plus ce regard enfantin ?

Aujourd'hui, j'aime toujours autant Isabelle (et sa voix) que j'écoute régulièrement sur France Inter. Je suis aussi très souvent Chic, l'émission qu'elle présente sur Arte (même si je ne comprends pas toujours son mode de diffusion...). J'aime le fait qu'elle aborde plein de sujets, tous quand même à caractère culturel et artistique. Je lui dois quelques unes des jolies découvertes parisiennes que j'ai faites depuis mon arrivée dans notre belle capitale. L'une d'entre elles (ça y est, j'arrive enfin au cœur du sujet), c'est Kaori Endo.

Dans Chic, la rubrique que je préfère, c'est forcément celle consacrée à la cuisine. On invite un chef à nous faire découvrir une recette raffinée, mais facile à refaire chez soi sur le thème de "Que faire avec... ". Kaori Endo avait expliqué "Que faire avec du magret de canard ?", et j'ai tout de suite aimé sa vision d'une cuisine sans artifice et cette idée d'une autre cuisine japonaise (parce qu'il n'y a pas que les sushis quand même). Dans Chic, j'ai appris qu'elle officiait de temps en temps chez Rose Bakery. Je n'ai pas encore eu le temps d'y aller, malgré de nombreux billets tentants, mais j'aimerais beaucoup que ce soit elle au fourneaux le jour où je me décide !

Dans l'émission, on parlait aussi du livre de Kaori Endo, Une japonaise à Paris. Je l'ai acheté récemment, et il répond exactement à mes attentes. De la cuisine japonaise de tous les jours, facile à réaliser, avec de bons produits, mais qui fait son effet, je vous rassure ! Et puis j'aime beaucoup comment Kaori parle de son pays, de ses habitants et de l'amour qu'ils ont pour leurs produits et pour certaines recettes qui peuvent nous paraître improbables. J'ai essayé plusieurs recettes déjà (qui m'ont toutes satisfaite), mais j'ai eu un gros coup de cœur pour celle-ci en particulier.

Cake matcha, pépites blanches et framboises

200 g de beurre ramolli
180 g de sucre semoule
3 œufs
200 g de farine
1 c. à café de levure chimique
2 c. à soupe de matcha
3 c. à soupe de lait
80 g de chocolat blanc coupé assez grossièrement
120 g de framboises
2 c. à soupe de graines de sésame
1 noix de beurre pour le moule

Préchauffez le four à 160°C (th. 5-6). Beurrez le moule et saupoudrez l'intérieur de graines de sésame.
Dans un saladier, battez le beurre avec le sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Incorporez les œufs un à un, en battant à chaque fois.
Dans un bol, mélangez la farine, la levure et le matcha. Incorporez-en la moitié aux œufs battus à travers un tamis et mélangez à la spatule.
Versez le lait dans le saladier, puis ajoutez le reste du mélange farine-levure-matcha. Mélangez soigneusement.
Incorporez le chocolat blanc et les framboises (vu la saison, j'ai utilisé des surgelées, mais je réessaierai la recette cet été avec des "vraies" framboises).
Versez la préparation dans le moule et faites cuire au four pendant 50 à 55 minutes.
Laissez refroidir le gâteau 10 minutes avant de le démouler.


Je savais que le mariage framboises-matcha était une réussite, mais avec un peu de chocolat blanc, c'est encore mieux ! Même un néophyte du matcha (je cite : "c'est un cake de martien") a apprécié, alors n'hésitez pas à faire découvrir cette recette autour de vous.

vendredi 8 janvier 2010

Première chouette de 2010

J'allais commencer un tout autre billet, quand je me suis rendu compte qu'il s'agissait encore d'un billet parlant de cuisine. Ce blog se transformerait-il en blog culinaire ? Je ne suis pas sûre de pouvoir assumer un tel titre... Et puis, entre temps, je suis tombée sur une chouette géniale et parfaite pour ouvrir la "rubrique chouette" de 2010, donc hop, la voilà !

Ce sushibou rigolo est signé Florent Chavouet. Pour ceux et celles qui ignorent qui il est (mais à mon avis, vous êtes peu nombreux), c'est un jeune homme très très doué pour le dessin et l'illustration en général et l'auteur du génial Tokyo Sanpo, que je ne saurais que vous recommander ! Je ne vous l'avais pas mis dans ma petite sélection de listes pré-Noël parce que je l'avais déjà dans ma bibliothèque, depuis peu pourtant.

Ça fait déjà un moment que sa couverture me faisait de l'œil dans les librairies, mais je ne sais pas pourquoi, je n'osais pas me l'acheter. Toujours cette peur de "trop me faire plaisir" je suppose... Et puis, lorsque ma mère est venue à la fin de l'année, elle m'a offert un livre (très joli soit dit en passant) et m'a dit qu'elle avait hésité avec Tokyo Sanpo. Et là, mon visage de s'illuminer : "Quoi, c'est vrai ? Tu n'aurais pas dû hésiter, je rêve de Tokyo Sanpo depuis des mois !" et de regretter tout de suite ce commentaire en pensant qu'elle pourrait croire que son cadeau me plaisait moins...

Est arrivé le mois de novembre et sa surchage de travail, notamment à cause des festivals auxquels j'ai participé, et c'est finalement grâce aux très (trop ?) nombreux tickets restaurants qu'on m'avait donné pour le Festival des 3 Continents que j'ai enfin pu m'offrir Tokyo Sanpo. Tickets restaurants contre chèque livres, moi ça me va très bien ! J'étais toute folle, c'était comme si on m'avait offert un champ illimité de possibilités pour m'offrir un cadeau. J'ai pris Tokyo Sanpo direct, mais avec ce qui restait sur le chèque livre, j'ai beaucoup hésité et traîné longuement dans les rayons avant de faire un choix (celui-ci, qui s'est avéré très judicieux et dont je vous reparlerai sûrement).

Bref, Tokyo Sanpo, c'est un livre qui se regarde beaucoup, qui s'admire, qui se lit, qui se décortique. Il faut parfois le tourner dans tous les sens (ça, j'aime), le mettre près de ses yeux, l'éloigner un peu pour avoir une vue d'ensemble, et à mon avis, le relire (ce que je vais faire bientôt) pour ne pas en perdre une miette. J'ai été épatée par le grain des dessins, cette impression qu'on regardait vraiment dans LE carnet de voyages de Florent Chavouet, le bonheur de discerner chaque coup de feutre, bic, crayon de couleur,... En plus de tout ça, le livre est bourrée d'anecdotes : de bonnes rigolades vous attendent, parfois même dans un minus coin de page.

Je me suis parfois retrouvée dans ce rôle d'étranger un peu perdu, ayant passé moi aussi un an à l'étranger, même si je n'avais pas cette barrière de la langue (quoi que, l'anglais gallois n'a rien à voir avec celui de la BBC...). Et puis forcément, pour moi qui rêve de Japon, ça me donne encore plus envie d'y aller, mais je ne pense pas que ce soit une condition nécessaire pour apprécier le livre ; il faut avant tout aimer voyager. Ce livre donne aussi très envie de s'installer sur un banc, dans un café, sur un trottoir, de sortir un carnet et de se mettre à dessiner tout ce qui passe (au lieu d'une photo, c'est quand même plus original et plus charmant). Et bien que l'envie me titille depuis sa lecture, je n'ai aucune prétention dans ce domaine et je laisse donc ça aux plus doué(e)s.

Mon amoureux vient de le finir (dans de gros éclats de rires) et je vais peut-être essayer de le motiver à ressortir ses crayons... Contrairement à moi, lui, il est très doué.

dimanche 20 décembre 2009

Des livres par milliers

J'aime lire, encore, toujours, à la folie. Même si le temps m'en empêche parfois, c'est un "passe-temps" vers lequel je reviens toujours et qui m'apporte toujours autant de bonheur, d'émotions, de plaisir... Chaque année, à Noël, il y a forcément des livres sur ma "liste". Un Noël sans livres, c'est impensable ! Cette année, comme l'année dernière, mon frère m'a prévenue qu'il avait des chèques livres à écouler et je lui ai donc envoyé une petite liste très exhaustive de livres qui me feraient plaisir. Comme ça, je sais que j'aurais mon quota (voire plus j'espère) !

Voilà quelques autres livres dont je rêve et qui vous donneront peut-être des idées de cadeaux de dernière minute, qui sait ? Après tout, un livre, ça fait forcément plaisir.

Sumimasen, le carnet de voyages d'Isabelle Boinot (dans le style, Tokyo Sanpo est génial !)

L'intégrale de A Series of Unfortunate Events, et en VO pour profiter pleinement des jeux de mots et des allitérations éparpillés partout par Lemony Snicket (déjà dans les titres).

Paris Kitchens, ou tout autre livre des éditions Paumes (j'ai aussi un faible pour Appartements d'amoureux à Paris et London Gardens).

Le catalogue de l'expo de Tim Burton au MOMA (mais pourquoi je ne vis pas à NY...).

Ce joli ouvrage de Fifi Mandirac, pour tous les amoureux de papier.

Ce petit livre très bien fait pour en apprendre plus sur les idées préconçues et autres préjugés.

Cette magnifique édition d'Alice avec le texte original et la traduction (ça m'intéresse aussi !).

Pour rigoler beaucoup en apprenant plein de choses un peu inutiles, mais parfaites à raconter ensuite pour briller en société !

Pour retomber en enfance, et parce que j'adore les dessins de Sarah Kay.

Les aquarelles délicates de Chihiro Iwasaki sont une merveille...

Ce dictionnaire "picturale" pour apprendre des mots d'une nouvelle manière.

Audrey Hepburn, icône de cinéma et de la mode. Le concept de "unes" du livre me plaît beaucoup.

Ce petit livre, en fait une compilation de jolies affiches enfantines, mais qui plairont sans doute aux grands avec une âme d'enfant (moi, moi).

Et enfin, ma petite sélection culinaire de la Cocotte :

La photographe Yoko Takahashi nous dévoile des clichés inspirés de scènes gourmandes du cinéma : ça a l'air somptueux...

Pas seulement des recettes à base de thé, mais aussi pour en savoir plus sur les différents thés, le moment où les déguster, comment les faire infuser...

Des recettes de "take away", et surtout de superbes clichés venus des quatre coins du monde.

Parce que les bentos, c'est très amusant et trop joli ! Je pourrais me contenter de les regarder, manger ces jolies œuvres me ferait mal...

Pour cuisiner tout en s'amusant. Oui, la cuisine est avant tout un plaisir !