mercredi 19 janvier 2011

À l'heure où la lumière faiblit


C'est l'heure à laquelle j'aime aller au cinéma. Je sors du métro, je descend les escaliers et je longe tranquillement la Seine. Les fenêtres s'allument peu à peu, j'imagine les gens qui rentrent chez eux après leur journée de travail. L'heure à laquelle je sors enfin de chez moi. Je monte les marches, je prends de la hauteur et je vois mieux la Seine, et au loin, Bercy, le parc. Les lumières de la bibliothèque me guident. Parfois, les oiseaux volent en groupe et j'aime à croire que ce spectacle est pour moi seule. Je m'arrête et je lève les yeux. J'admire ces oiseaux tournoyer dans la lumière qui faiblit. Je parcours les planches, je marche prudemment pour ne pas tomber. J'emprunte ce labyrinthe qui m'est maintenant familier. Je croise des silhouettes, peut-être des étudiants qui rentrent d'une journée de révisions. Je longe le bâtiment, il ne reste que quelques mètres. J'y suis, mais avant d'entrer, je me retourne pour admirer le ciel enfin ouvert. Cette grande esplanade presque vide, à l'heure où la lumière faiblit.



Dernièrement, j'ai aimé Poupoudidou, un film que je suis allée voir un peu par hasard, mais dont je suis ressortie émue. Un mélange de thriller, de comédie et d'histoire d'amour. Une très belle galerie de personnages, des passages franchement rigolos et puis surtout, ce lien qui se noue entre Jean-Paul Rouve et Sophie Quinton, une actrice que je découvre et que j'ai trouvé très touchante et juste. La fin était très belle...
J'ai aussi aimé Somewhere : cette lumière douce, ces scènes langoureuses, ces petits riens qui font tout. Cléo qui s'applique pour verser la sauce hollandaise ; qui patine avec cette même application, de son corps tout en longueur et plein de grâce ; qui signe amoureusement le plâtre de son père. Et puis surtout, les moments ensemble : des hamburgers partagés dans le salon du Château Marmont ; les glaces dégustées dans le lit ; le thé au fond de la piscine ; une chanson entonnée rien que pour elle, lovée contre l'épaule de son père ; cette complicité évidente, ces regards qui en disent long. Ça me donne envie d'avoir 11 ans et de passer autant de moments privilégiés avec mon père, chose qui m'a manqué peut-être... Bref, même si je lui ai préféré Lost in Translation, je reste touchée par le cinéma de Sofia Coppola.

3 commentaires:

MM a dit…

Je trouve ce billet super émouvant... mais mon regard est peut-être un peu biaisé... (crois-moi ou pas, mais je suis un peu nostalgique de ma période BN)
Si tu as envie de compagnie, fais-moi signe la prochaine fois...

Papillon a dit…

Je connais bien cet endroit ! J'aime aussi beaucoup traverser l'esplanade et regarder au loin......

L'oeuf qui chante a dit…

@ MM : Je n'ai pas le même attachement que toi à cet endroit, mais j'aime beaucoup y flâner. Et je serai ravie qu'on y aille ensemble une prochaine fois.

@ Papillon : Oui, c'est un endroit parfait pour laisser son esprit vagabonder je trouve.