jeudi 1 avril 2010

Du bonheur d'être indépendante...

Je me suis toujours imaginée travailler dans un bureau, dans une atmosphère agréable avec des collègues sympa. J'ai fait des petits boulots et un stage qui m'ont permis de travailler avec les autres et de créer des liens avec des personnes qui sont aujourd'hui des amis. Ces expériences n'ont fait que confirmer mon envie de travailler avec les autres. Autant vous dire que le jour où j'ai appris que mon métier signifiait travailler en indépendante, toute seule à la maison, je suis devenue blême. Trop tard pour changer de vocation, surtout que c'est vraiment ce que je voulais faire, je n'avais plus qu'à m'adapter à la situation... Et pour quelqu'un qui a passé son cursus à la fac à bachoter ses partiels à la dernière minute et à rendre son mémoire sur le fil (imprimé et relié le jour même), devoir travailler seule sans le moindre encadrement, c'est assez effrayant...

Les premiers temps ont été difficiles : le jour où une société m'a appelée pour me confier mon premier travail en me demandant de leur donner un délai, j'ai eu beaucoup de mal à répondre. Et ça ne s'est pas arrangé quand j'ai dû gérer plusieurs projets en même temps, et parfois dans des délais assez serrés. Et puis il y a l'incertitude du travail en solitaire : à peine mon diplôme en poche, je devais rendre un travail parfait, sans personne pour me guider ou me donner des conseils. Bien sûr, mon diplôme m'avait formé à ça, mais seule face à mon ordinateur, dans ce métier où il est avant tout question de choisir, je ne faisais pas la fière. Heureusement, mon amoureux était là pour m'épauler, pour m'aider parfois (nous avons fait des formations similaires) et pour me supporter lors de mes moments de doute.

Une fois cette période difficile passée - même si je doute toujours assez souvent je l'avoue - je commence enfin à voir les avantages de travailler en indépendante et à en profiter. Je commence à l'heure que je veux, ce qui est très agréable pour une marmotte comme moi ; je fais mon planning en fonction du travail que je dois rendre ; le fait de ne pas avoir de collègues - même si mes camarades de promo le sont plus ou moins - me force quelque part à voir plus de monde en dehors ; je ne prends le métro que pour aller me promener et n'associe donc ce moyen de transport qu'au plaisir ; et je peux travailler sans être maquillée, bien coiffée, et dans une tenue cosy et confortable (vous devez m'imaginer en pyjama ou en jogging avec les cheveux hirsutes, mais ce n'est pas à ce point quand même).

La semaine dernière, j'avais moins de travail, ce qui m'arrangeait bien en vue de mon week-end à Lille, et comme ça, j'ai également pu prévoir une petite journée en amoureux avant d'abandonner M. pour 2 jours (je me sens toujours un peu coupable de partir sans lui...). Au programme, "Alice aux pays des merveilles" en fin de matinée, parce qu'après avoir écrit un mémoire sur la traduction des chansons dans "L'étrange Noël de Monsieur Jack" et admiré tous les premiers films de Tim Burton, je n'ai pas pu m'empêcher d'y aller, tout en sachant que je serais un peu déçue. J'ai trouvé ça beau visuellement et j'étais heureuse d'entendre la langue de Lewis Carrol en anglais, surtout le poème du Jabberwocky qui m'a fait sourire et m'a rappelé de douloureuses heures de traduction... C'est tout.


Puis, exquis déjeuner au Toraya, où tout est parfait : le cadre, le service attentionné, ma voisine japonaise qui maîtrise les baguettes à la perfection (je suis jalouse), mon menu "avocat" et les sandwiches au poulet de mon amoureux, et bien sûr, les wagashis accompagnés d'un délicieux sencha. Le tout dans une vaisselle sublime que j'aurais aimé discrètement subtilisé (comme au Momoka d'ailleurs).











Enfin, on s'est promené dans les quartiers chics pour atteindre la Galerie Acte 2 et voir de plus près les œuvres de Jill Greenberg, photographe américaine que j'ai découverte en travaillant sur une série. Son travail est assez particulier, mais vaut définitivement le coup d'œil.


Celle-ci m'a tout particulièrement plu.

Après une si agréable journée, je me dis que j'ai finalement bien de la chance de travailler en indépendante.

7 commentaires:

nanika a dit…

hum y a quelques semaines j'ai emmené mon amoureux qui ne connaissait pas Toraya et on s'est régalés : on a pris le même menu que toi avec crabe et avocat.
Quand je pense que j'ai bossé à dix mètres de cet endroit il y a de longues années sans jamais y mettre les pieds (faut dire que le midi c'est bondé il faut souvent réserver) et pour l'heure du thé euh... Je travaillais ! Mais je suis ravie d'y aller plus souvent en ce moment.
Moi je suis indépendante malgré moi, en attendant le sesame : un cdi. Comme toi mon fiance qui a la même formation m'aide aussi mais cette façon de travailler n'est pas pour moi je crois. J'aime trop papoter et avoir des collègues avec qui rigoler parfois.
(au fait c'est quoi ton boulot, un rapport avec l'édition, la traduction ?)

sierralemon a dit…

Je suis une petite curieuse et comme Nanikaa, j'aimerai bien savoir : tu traduis dans l'audiovisuel ?

l'oeuf qui chante a dit…

@ nanikaa : C'était la première fois que j'allais chez Toraya, mais j'en ferais ma cantine avec grand plaisir :) Je comprends tout à fait ton rapport au statut d'indépendante, je crois que quelque part, je m'y suis faite parce que je n'avais pas la choix !

@ nanikaa et sierralemon : Arf, je suis démasquée ! Oui, je suis traductrice adaptatrice dans l'audiovisuel. Ça me permet de combiner mes deux amours de toujours : l'anglais et le cinéma (enfin, surtout la télé pour le moment, mais je débute !).

petitecuisine a dit…

Tout mon soutien : je suis travailleuse indépendante ET fan de Toraya où je déjeune régulièrement - à croire qu'il y aurait un lien !
A savoir : en été ils ont des genres de sorbets à base de glace pilée qui sont de superbes délices !

l'oeuf qui chante a dit…

Merci beaucoup pour l'info ! Et je ne sais pas s'il y a un lien entre la fait d'être indépendante et Toraya, mais je pense aussi aller y déjeuner plus régulièrement :)

Mia de Terra Latina a dit…

Voilà, un post qui me parle.

J'adore Lille et suis une nana du Nord en exil.

Merci pour avoir nourri ma nostalgie!

Mia de Terra Latina ;-)

l'oeuf qui chante a dit…

J'ai adoré vivre à Lille, et j'aimerais pouvoir y retourner plus souvent ! Tu es d'une bien jolie région, du moins ce que j'en connais.